Production de semences de maïs : le savoir-faire au service de la qualité
Bruno Gabastou, inspecteur de maïs semences

Depuis 30 ans, Bruno Gabastou arpente les parcelles de multiplication de semences de maïs pour contrôler leur conformité. Sa fonction : inspecteur des cultures de maïs et sorgho semence. Ce savoir-faire, cumulé à son expérience au sein du laboratoire de la FNPSMS, l’a, cette année, amené au Togo pour réaliser un état des lieux du laboratoire national en vue d’une éventuelle montée en compétence des équipes et de l’outil. Rencontre.
Bruno Gabastou, quelle est votre fonction exacte ?
Depuis 30 ans, mon rôle est de former, sur les mois de juin et juillet, les techniciens agréés (TA) amenés à contrôler la conformité des parcelles de production de semences qui leur sont affectées jusqu’à la récolte. En tant qu’inspecteur chargé de mission d’inspection des cultures, je réalise également, durant la période de floraison des maïs (juillet/août), des audits de certains de ces TA, tout en inspectant la conformité des parcelles. En moyenne, j’effectue deux à trois audits par jour dans le Sud-Ouest de la France, soit une soixantaine par campagne. Le nombre d’inspections de parcelles, aléatoire lui aussi, peut quant à lui monter à 110 chaque année.
En quoi cette mission est-elle capitale ?
Cette fonction est l’un des maillons essentiels pour assurer une production de semences de maïs de qualité, en adéquation avec les exigences du règlement technique français. Parmi les critères inspectés : la qualité de l’épuration, de la castration et le respect des règles d’isolement. Pour chacun de ces éléments, des seuils de tolérance sont acceptés : il est de mon devoir de vérifier qu’ils ne sont pas dépassés. Pour le critère « épuration » par exemple, un taux de « hors type ou d’aberrants » de 2 pour 1000 est autorisé, pas plus. De même, une parcelle de multiplication de semences de maïs ne doit pas se situer à moins de 200 mètres d’une parcelle de maïs destiné à la consommation : et ce, pour éviter tout croisement intempestif de pollen et ainsi, préserver la pureté des variétés multipliées.
Votre fonction vous a, en 2025, conduit au Togo. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Durant le mois d’octobre, je suis allé une semaine au Togo pour réaliser un diagnostic du laboratoire national d’analyses des semences, basé à Sotouboua au centre du pays. Cet établissement souhaite monter en compétence pour diversifier et professionnaliser les analyses de différentes espèces : maïs mais aussi manioc ou ananas. L’idée serait, dans un premier temps, d’accéder aux règles du référentiel international ISTA (International Seed Testing Association), un agrément reconnu à l’échelle mondiale en matière d’analyse des semences. Il permet d’accréditer les laboratoires, de délivrer des certificats internationaux, tout en faisant la promotion de la recherche ou en proposant des formations. Dans ce cadre, j’ai apporté mon regard technique sur un dossier passionnant.
L’expertise au service de la performance des semences de maïs
En bref, la multiplication de semences de maïs est un processus de haute précision où chaque étape est décisive. Comme l’explique Bruno Gabastou, la qualité de semences premium ne peut être garantie que par une alliance rigoureuse entre l’expertise de terrain à travers le contrôle strict des parcelles de multiplication et l’innovation technologique en laboratoire.