Retour sur le voyage d’étude international de la FNPSMS
Du 29 juin au 2 juillet 2026, la FNPSMS a accueilli une délégation internationale, composée d’agriculteurs, de distributeurs et de prescripteurs venus de Pologne, d’Allemagne et de France. Organisé dans le Sud-Ouest, le berceau historique de la culture du maïs de la France, ce voyage d’étude a eu pour vocation de démontrer la technicité, l’innovation et l’excellence de la filière française, première exportatrice mondiale de semences de maïs.

Autour de la thématique « Maïs : un atout pour notre avenir », les participants ont suivi un parcours complet, du champ à l’usine, en passant par les laboratoires de recherche, pour comprendre comment les entreprises semencières européennes relèvent les défis du climat et de la souveraineté alimentaire
Ces visites ont permis d’appréhender la complexité du processus de production des semences de maïs, de la multiplication au champ jusqu’à l’ensachage des semences prêtes à être plantées, confirmant l’excellence de la filière soutenue par des standards de qualité souvent supérieurs aux réglementations en vigueur.

Comme le souligne Gwenola de Fontenay, EMEA quality testing lead at Bayer CS (Bayer) : « La qualité, c’est un souci tout le long de la vie d’un lot de semence. À chaque étape, du champ au séchoir, à l’usine, au calibrage, au traitement, on fait des tests pour s’assurer qu’on ne dégrade pas le potentiel. Un lot subit au moins 50 tests avant d’être délivré. »
L’innovation face au changement climatique
Un thème central a dominé les discussions : l’adaptation au changement climatique. Les sélectionneurs présents ont expliqué comment la génétique évolue pour offrir des variétés plus résilientes face aux stress hydriques et thermiques.

François Harambat, Directeur du marketing stratégique chez MAS Seeds note une transformation profonde du métier : « Depuis une dizaine d’années, le métier de sélectionneur est devenu beaucoup plus précis. Au-delà du rendement, nous travaillons sur la tolérance aux stress biotiques et abiotiques. Grâce aux données génomiques et à l’IA, nous avons réussi à réduire le cycle de création d’une variété de dix ans à cinq ou six ans. »

Cette accélération est confirmée par Kris Coppens, External Manufacturing Lead for Seeds EME à Bayer Crop Science, qui insiste sur la sécurité apportée aux agriculteurs : « Le progrès génétique sert aujourd’hui à donner plus de sécurité aux agriculteurs. L’agriculture est devenue risquée à cause de la volatilité des marchés et des événements climatiques. »
Qualité et confiance : la promesse tenue
Pour les visiteurs internationaux, l’enjeu était aussi de comprendre ce qui garantit la performance une fois la semence achetée. La réponse réside dans une indépendance stricte des contrôles et des standards internes élevés.

Anne-Marie Taché, Directrice production et Supply (MAS Seeds) rappelle l’importance de cette rigueur : « Acheter des semences de qualité, c’est avoir la garantie de recevoir le rendement maximum. Nos standards internes sont au-dessus des standards européens. C’est cette exigence, couplée à des contrôles externes indépendants, qui fait l’excellence de la filière française. »

De son côté, Matthieu Çaldumbide, Public Affairs and Market Intelligence Leader (Lidea) met en avant la dimension économique et durable : « Une variété performante augmente sa durabilité car elle utilise moins de surface et valorise mieux les ressources naturelles (eau, azote). Investir dans une semence hybride haute performance, c’est valoriser son capital sol et garantir son revenu, même dans des conditions contraignantes. »
Les semences de maïs et l’observation sur le terrain

Le groupe a effectué une visite de l’exploitation « la Ferme des Vallons » et a pu échanger avec l’un de ses dirigeants, Benoît Laborde, agriculteur multiplicateur et président de l’AGPM. Cette exploitation familiale diversifiée fait la part belle au maïs, maïs grain et maïs semence. Elle comprend également un élevage de porcs gascon, un atelier de transformation et plusieurs cultures comme le tournesol semence, l’orge et le soja ainsi que des vignes en appellation d’origine contrôlée Tursan.
Lors des échanges nourris avec les participants, Mr Laborde a rappelé l’importance du maïs au sein de son exploitation et de toute la technicité requise pour le métier d’agriculteur-multiplicateur.

Enfin, pour conclure ce voyage, les délégations ont fait une halte à l’institut Arvalis. Clémence Aliaga, ingénieur régional a guidé les participants au sein des parcelles d’essai : elle a présenté les travaux menés par l’institut pour répondre aux problématiques liées à la culture mais aussi à sa valorisation. Le groupe a également découvert la station expérimentale de méthanisation et la vocation énergétique du maïs pour produire de la biomasse.
Une filière d’avenir ouverte sur le monde
Ce voyage d’étude a confirmé que la semence de maïs est bien plus qu’un produit agricole : c’est un vecteur de technologie et de durabilité. Que ce soit pour l’alimentation animale, la production de biocarburants ou la sécurité alimentaire mondiale, le maïs reste une culture d’avenir.
Comme le résume Gwenola de Fontenay : « Pour l’agriculteur, une semence de haute qualité est celle qui garantit son revenu, aujourd’hui et dans le futur, quelle que soit la condition de semis. »
Ces rencontres renforcent les liens entre les acteurs mondiaux et participent au rayonnement d’un savoir-faire européen unique, capable de nourrir la planète tout en préservant ses ressources.